Après pratiquement 17 années, je vous adresse mon dernier
avant-propos dans le
rapport annuel de l’Union royale belge des armateurs.
Lorsque je jette un regard rétrospectif sur ces deux
dernières décennies, je ressens avant tout de la gratitude
et c’est pourquoi je vous dis « Merci ! ».
Merci Messieurs les Directeurs et vos collègues qui ont
conservé et géré de main de maître l’union des armateurs.
Merci aux autorités belges : merci aux hommes politiques et
aux services publics pour votre proactivité.
Merci aux collègues armateurs et à leurs représentants pour
leur appui et leur confiance.
Lorsque, le 13 septembre 1994, je suis devenu le Président
de l’Union belge des armateurs, la marine marchande belge
n’en menait pas large, comme je m’en suis très rapidement
rendu compte lors du premier Conseil d’administration : la
devise était la suivante : « Le dernier éteint la lumière ».
Depuis lors, qu’avons-nous réalisé ?
Avant toute chose, nous avons, avec les autorités
compétentes, trouvé une solution pour les pensions des
marins, qui souffraient d’un sous-financement structurel.
L’union des armateurs n’avait pas les reins solides : nous
avons dès lors vendu l’immeuble sur le Lijnwaadmarkt et
avons optimalisé la politique financière de l’UAB.
Dans l’intervalle, notre flotte avait été délocalisée au
Luxembourg et j’ai, à cette époque, cumulé ma fonction de
président de l’UAB avec celle de Président de l’UAL (Union
des armateurs luxembourgeois).
Grâce à l’utilisation optimale des possibilités offertes par
la directive européenne relative au secteur maritime et en
conservant à l’esprit le bon exemple donné par nos voisins
du Nord, nous sommes parvenus à adapter la législation
fiscale belge et à recruter nos marins européens en
application d’un statut compétitif sur des navires qui
battaient à nouveau pavillon belge. Nous avons ainsi été
ravis de générer des recettes supplémentaires pour les
finances publiques.
L’éclat de ce succès a encore été renforcé lorsque le Palais
a autorisé l’UAB à utiliser le qualificatif « royal » dans
son appellation.
L’Ecole Supérieure de Navigation a par ailleurs reçu un
nouvel élan grâce aux possibilités de carrière sur les
navires belges ; logiquement, le nombre d’étudiants a dès
lors pratiquement quadruplé en 10 ans.
Pour donner du lustre à toutes les activités déployées par
notre URAB – redevenu financièrement saine – nous avons
acquis l’immeuble “Redershuis” sur le quai Ernest Van Dijck
à Anvers et nous sommes fiers que notre association ait, sur
fonds propres, revalorisé ce témoin du patrimoine anversois,
flamand et belge.
Un dernier projet devrait être en grande partie achevé à la
fin de l’année 2011 : le nouveau Code Belge de la
Navigation. Animée par la conviction qu’en marge de
l’activité maritime et logistique, il y a encore de la
place, dans notre pays, pour une activité juridique et qu’un
bon climat économique ne peut se concevoir que fort d’une
législation de qualité, l’URAB a été l’initiateur et l’une
des chevilles ouvrières de la révision de la législation
maritime.
Je remercie donc les collègues, hommes politiques, services
publics et toutes les personnes qui se sont attelés à ces
tâches.
La vigilance reste cependant de mise. Il est capital que
l’Europe, où la fiscalité et les charges salariales sont
élevées, fasse en sorte que les Orientations communautaires
sur les aides d’État au transport maritime demeurent en
vigueur. À défaut, tout le travail accompli l’aura été en
vain et tous les efforts seront réduits à néant.
Mon successeur devra bien évidemment relever d’autres défis.
À l’instar de tous les autres secteurs industriels, la
navigation doit s’adapter aux nouvelles exigences
environnementales.
Il s’agit d’un exercice d’équilibre délicat : en termes
d’environnement l’Europe ne doit pas vouloir être le
meilleur élève de la classe si les normes ne sont pas
respectées dans le monde entier.
Si l’Europe souhaite malgré tout imposer unilatéralement des
normes environnementales plus strictes afin de convaincre
les autres acteurs de lui emboîter le pas, cela ne pourra se
faire que moyennant la prise de mesures d’accompagnement
destinées à préserver la compétitivité. D’autres pays comme
les États-Unis, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Brésil
prennent aussi des mesures destinées à protéger leur flotte.
Il incombe en outre aux autorités de protéger et de
maintenir ouvertes les voies commerciales maritimes. J’exige
donc que nos autorités et nos militaires poursuivent leurs
efforts de coordination avec d’autres pays afin de lutter
contre la piraterie. En outre notre marine militaire doit
être affectée effectivement et en permanence dans les zones
où sévissent les pirates.
C’est
avec grand plaisir que je me penche sur les années au cours
desquelles j’ai été actif au sein du Conseil
d’administration de l’UAB (maintenant, l’URAB), et sur la
période durant laquelle j’en ai été le Président.
Je vous en remercie et vous souhaite bon vent !
Nicolas Saverys
Président |